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Mon dico des idées reçues en nutrition
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Quatrième de
couverture - 4ème de couverture. Qui croire aujourd’hui ? Une telle confusion d’injonctions règne dans le domaine qu’on y perd son latin. Après Qui a Peur du Grand Méchant Lait et Gloutons de Gluten, ce livre remet en perspective quelques préjugés à la dent dure en diététique et en alternutrition : faut-il ou non boire deux litres d’eau ? Quelles protéines choisir ? Quelles graisses et combien ? etc. Contient un chapitre “Cuire sans Nuire”, le topo sur les cuissons et le crudivorisme. C’est le "Guide des égarés de la Nutrition". Paraîtra sous forme digitale en janvier 2010, chez ALaddin. Je pense, donc tu suis. Vous aviez lu qu’il ne fallait pas manger plus de quatre œufs par semaine, ou que seul le jaune d’œuf était bon, ou que l’œuf était interdit pour sa haute teneur en cholestérol, ou qu’il était mauvais pour le foie. Il y a de bonnes chances alors que ce soit devenu vrai : vous étiez conditionné à le croire… puisque c’est écrit dans le journal ou que votre propre mère vous le répétait… Comme toute notre société industrielle, la diététique actuelle souffre, sous des dehors de diversité, du syndrome de la pensée unique… dichotomisée. À droite : la diététique conventionnelle, véhiculée par les médias de masse, qui ne souffre pas que l’on contredise ses diktats. Nous verrons pourtant au cours des pages qui suivent quelques méprises collectives. Même si le rite supporte le mythe dans l’inconscient collectif, faut-il se soumettre avec tant d’aveuglement aux rites de la nutrition savante ? À gauche : la nutrition alternative, enfermée dans ses mythes et légendes, et pourtant riche de réussites sur le terrain et d’ouvertures à de nouvelles perspectives. Le lecteur est inondé de théories souvent contradictoires, taillées à l’emporte-pièce, intellectuellement spécieuses : « Les Égyptiens mangeaient des lentilles et ont construit les pyramides grâce à ce seul aliment : allons-y lentilles à gogo ! » ou « Les singes, nos ancêtres, vivent de fruits et d’aliments crus, passons au fructo-crudivorisme tout à trac ». Dans cette confusion, quel lecteur, quelle lectrice ordinaire pourrait s’y retrouver, sans avoir à s’attacher au sujet avec passion ? Je souffre de partager ce malaise en nutrition aujourd'hui. J'entends colporter tant de rumeurs en cuisine "saine". Je vois tant de personnes s'enfermer dans des modes culinaires figés, sur la foi d'affirmations sans fondement. J’ai rédigé ce livre pour ceux qui aiment la rigueur liée à l'ouverture d'esprit, ce qui veut dire que je continue à apprendre avec vous. Je voudrais offrir une vision plus rationnelle de ce si pétillant monde des aliments-remèdes. Par des exemples pratiques et concrets, nous remettrons en place toutes les pièces de ce puzzle géant de la diététique ET de l'alternutrition - où il est amusant de constater que tous ont raison, par ailleurs, mais pas sur tout... C'est la vision d'une ménagère ascendant journaliste: je ne suis ni diététicienne ni nutritionniste, et je n'ai pas "mis au point" de régime. Je vous propose simplement une visite guidée indépendante et documentée de ce qui existe (et qui est efficace!), où j’envisage si l'on peut condamner certaines catégories alimentaires sans tenir compte de leur mode de production et de préparation. Cela nous vaudra une petite visite indiscrète dans les couloirs de l'industrie agro-alimentaire. Ma grille de lecture en trois axes: "Qu'en dit la science? qu'en dit le terrain? qu'en dit la tradition? Les infos nutritionnelles que je partage doivent être marquées au coin du bon sens ou confirmées par des études scientifiques ou observées sur le terrain par les praticiens. Quand les trois critères sont réunis, c’est le rêve ! Il est trop facile de se laisser séduire par le témoignage anecdotique d'une personne qui aurait connu une rémission miraculeuse grâce à l’une ou l’autre technique innovante. Le Guide des égarés de la Nutrition « C’est parce que nous sommes omnivores que nous
vivons dans l’incertitude du choix alimentaire. Et nous sommes sans doute
plus menacés par la cacophonie diététique ambiante que par ce que
contiennent nos assiettes.» Quantité de méthodes voient le jour chaque année, chacun et chacune ayant découvert le bon fil de la pelote : l’un tablera sur une supplémentation systématique en protéines, l’autre éliminera tous les laitages, le troisième vous imposera une cure d’aliments crus et le dernier trouvera que le coupable est l’alcool propyl en excès. Vous ne savez plus que choisir tant vous avez reçu de conseils divers de la part de spécialistes tous plus convaincants les uns que les autres. Chacun a raison, et cela ressemble fort à une cacophonie : on peut comprendre tant ceux qui en rient que ceux qui se découragent et préfèrent souffrir en silence. Ils ont raison mais pas pour toutes les sortes de mangeurs ! Toutes ces recommandations de bonne foi et certes efficaces pour certains d’entre nous ne peuvent s’appliquer à tous : cela s’appellerait une panacée et cela se saurait. Chacun de ces discoureurs apporte une parcelle de vérité pour une catégorie particulière des consommateurs tant nous sommes différents, tous, en matière de digestion. Ce sera à vous de déterminer qui vous êtes sur ce plan, car vous seul êtes à même de connaître vos propres besoins et votre état digestif. Si vous n’êtes pas physiologiquement adapté à brûler les féculents, la ration franco-belge classique du petit déjeuner sera trop riche en glucides lents et vous affaiblira. Si vous êtes hypoglycémique, le pain blanc-confiture est une aberration, source de coups de pompe. Si vous n’êtes pas adapté à brûler les protéines animales, le petit déjeuner à l’anglaise sera pour vous un désastre, origine d’encombrement sur la durée. Si vous êtes Yin à outrance (en diététique chinoise) ou Vata (en diététique ayurveda), les aliments crus vous dévitaliseront, tout riches qu’ils soient en vitamines. Ne vous laissez pas trop bercer par les sirènes diététiques : écoutez votre instinct. Il y a un maître en la matière : vous-même. Une anecdote, pour souligner le bémol que l’on devrait apposer à toutes ces grandes théories. Je souris aussi à observer un docteur en nutrition qui apparaît régulièrement à la télévision française et émet quelques petits rots discrets pendant ses interviews. Vous êtes sûrs qu’il met bien en pratique ses théories de nutrition ? Qu’il connaît si bien la chanson ? J’ai aussi observé chez tant et tant de diététiciens, superbes professionnels par ailleurs, qu’ils prêchaient ce qui leur convenait. Michel Montignac n’aime pas les pommes de terre et adore le chocolat. Il va donc trouver dans la bibliographie scientifique toutes les études qui prouvent que les pommes de terre font grossir et que le chocolat est indispensable. Robert Masson, lui même fort dépendant d’un apport fréquent de protéines de par sa constitution, impose cette technique à ses patients. Etc etc. Merci à la Madame la Nutrition Moderne de nous avoir appris de quoi sont constitutés les aliments, de combien de protéines ou de zinc un organisme sain a besoin. Merci d’offrir au plus grand nombre des pistes, comme la Pyramide alimentaire. Mais - bien sûr, un merci ne vient jamais seul — si je déverse dans un corps la bonne dose de nutriments, telle qu’elle apparaît dans les petites boites de Petri, qui me dit que, dans ce laboratoire très sophistiqué qu’est votre propre corps, les mêmes nutriments vont être décomposés et apportés jusqu’aux cellules qui en ont besoin pour fonctionner? Quel intérêt d’acheter cher des aliments sains s’ils fermentent au lieu de nourrir? Les rumeurs-tumeurs Les rumeurs en nutrition sont des tumeurs de la pensée. « Mais on ne peut pas cuire les fruits », rétorque Paulette. « Mais le surgélateur dégrade les vitamines » s’écrie Paulo à lire certaines de mes recettes. « Mais le sucre est du poison » ajoute avec tout autant d’assurance le dernier interlocteur. Autant je respecte tous les points de vue y compris les plus poétiques, quand ils restent dans la sphère de leur auteur, autant j’ai un gros souci quand j’entends asséner de telles fausses vérités à des personnes rendues naïves par le fait que, malades, elles ont mal et peur. Fausses vérités que ces injonctions d’écoles diverses, qui sous des dehors scientifiques ne peuvent être corroborées ni par des études cliniques rigoureuses ni même par l’analyse sur le terrain ou l’historique alimentaire — même si elles s’avèrent exactes pour l’une ou l’autre personne en particulier ou pour de courtes périodes de drainage. Ce coup de griffe vaut même pour l’hypothèse cholestérol. Ne croyez pas que l’habit de Professeur de la Faculté protège de l’irrationnel ! Par rapport à tous ces gourous prêchant des méthodes excessives avec choix arbitraire de justifications, j'ai aimé ce passage sur un site (référence oubliée, pardon). 'De toute façon, il n'y a pas à débattre, J'AFFIRME que l'homme est bien allé sur la lune. Comment puis-je l'affirmer ? Et bien, comme le montre la photo ci-dessous: J'Y ETAIS !!!"
Un jour je créerai avec d’autres amateurs le Congrès Anti-Impérialiste Diététique. Illustration. On peut ajouter très peu de sel au café pour en relever les arômes. A cette idée, j’imagine déjà bien des grimaces, quelques sourires entendus et d’autres sourcils levés en interrogation. Le premier lecteur va le plus simplement du monde retenir l’idée pour l’essayer dès demain. L’autre va l’oublier, car sa mère ne l’a jamais fait. Et le troisième, ah le troisième nous y sommes: « Tiens, tiens, super, je vais lancer la mode du café salé, ou même tiens la secte des saleurs de café ». Les êtres de pouvoir sont nécessaires à l’humanité, c’est une question d’équilibre. Mais pourquoi en trouve-t-on tant et plus dans les cercles amateurs de cuisine ? La cuisine classique n’est pas épargnée, je vous rassure. Mais dans le domaine de la santé, par leur incohérence, ces gourous sont responsables d’une telle confusion dans les esprits en faim (fin?) de certitudes qu’ils obtiennent un résultat contre-productif : à nouveau le jules lambda se retourne vers monsieur grande surface qui semble lui vouloir tant de bien avec sa belle documentation sur papier glacé. Y m’énervent les gourous ! J’ai le courroux des gourous. Mais, tiens, à bien réfléchir, ne pourrait-on aussi dire un mot aux rationalistes parfois un peu coincés aux entournures qui, refusant de même écouter les observations de thérapeutes sur le terrain ou d’entendre que les aliments sont plus qu’un amas de nutriments chiffrés, poussent les naïfs dans les bras de ces mêmes gourous ? Il est dans la nature humaine de vouloir faire compliqué quand on peut faire simple. Pour l’instant, le tout Uccle-Zoute-Neuilly qui s’ennuie joue au «et-que-je-te-germe et que-je-te-crudivorise-à-tout-va». Demain, une mode mêmement éphémère nous enjoindra de suivre la diététique chinoise et de tout cuire. Après-demain, de tout magnétiser... Dans le concert chanté par mes camarades en cuisine santé, il m'a semblé qu'il manquait une voix, un demi-ton pour composer une harmonie enfin exquise. Dans chaque tome, je mets en perspective de bon sens la prétention des méthodes unilatérales qui basent tous leurs espoirs sur la seule nutrithérapie sans se fier aux autres piliers de bien-être. Entre ceux qui se préoccupent de ce qu’ils mangent dans une visée de prévention et les professionnels de la santé qui ont recours à la nutrithérapie pour renforcer l’efficacité de leur pratique thérapeutique, le spectre est très large. Ce livre s’adresse à tous ceux-là qui, d’un bout à l’autre de cet horizon, se sont posé les questions que j’examine ici, concernant les aliments que nous consommons tous les jours. Ce faisant, je m’évertue au bon sens et je désarticule quelques sophismes. Table des matières 071214
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